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22/12/2005

COLD YEARS - INTIMATE HOURS

It was a Time in Black and White. A Time of Endless Nights, of Freedom and Desire.

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Au lendemain des eighties, de nombreux critiques rock s'accordaient à dire que les années 80 avaient été plutôt pauvres musicalement.

La multiplication des styles était pourtant telle qu'il devenait difficile d'établir des classifications cohérentes.

Au lendemain du Punk, qui avait lui-même secoué violemment les vieux concepts rock, n'y avait-il plus rien qui vaille la peine d'être découvert ?

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Je me souviens pourtant d'une époque chaotique, particulièrement riche. Mais pour cela, encore fallait-il s'écarter délibérément des sentiers battus.

C'était aussi en Belgique, les premières années de radios libres. Et je peux vous dire, avec le recul, que ce fut pour mes amis et moi-même une période faste.

Nous avions notre propre émission, un créneau horaire renié par les autres membres de la radio, mais aussi des soirées de liberté totale.

Bruxelles, à l'instar de Berlin par exemple, était devenu elle-même le sanctuaire privilégié de certains courants alternatifs. La capitale avait ses nombreux coins branchés : L'Interference, le Plan K, L'Ultime Hallucinatie, autant d'endroits disparates, à la limite du glauque, qui nous déservaient jour après jour les performances les plus débridées, les plus déjantées. On y trouvait à peu près tout et n'importe quoi.

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Mais cette époque, à présent révolue, avait le mérite de permettre à chacun de faire ce qu'il voulait. Elle nous avait en tout cas libérés de bien des concepts austères, normatifs...finalement et souvent très réactionnaires.

Il est vrai aujourd'hui que bien des groupes sont tombés dans l'anonymat. Il est vrai aussi que le son des nombreux vynils a pris un sérieux coup de vieux. Mais les frontières n'existaient plus, les limites sautaient l'une après l'autre. Performances scéniques hors normes, subtiles mélanges des genres, innovateurs, transfuges musicaux, le tout teinté d'un pessimise exacerbé.

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INNERWORLDS (from INNERWORLDS)

est un simple concept, inoffensif de prime abord, se liant davantage à la peinture naîve plutôt qu'à la réflexion métaphysique. Il est pourtant le seul song de la démo portant le même nom, qui ne soit pas complètement noir. Et encore...En cherchant bien !!! Le reste est aussi lourd que le poids des sentiments de l'époque.

IF ONLY I COULD BE SATIE (from Paranoïd Noises II)

E. Satie n'est certainement pas mon compositeur de prédilection. Mais j'apprécie beaucoup le côté débonnaire du personnage, son manque de sérieux, sa légèreté (enfin ! parfois !) et son côté, dirais-je, quelque peu iconoclaste.

Faire de la musique est une chose. Mais je n'ai pas vraiment envie de me "prendre la tête". Le jour où la musique ne représente plus pour moi ce plaisir indispensable, libertaire et viscéral, je me mets à la peinture.... Bon d'accord ! On frise tout de même le risque du zéro absolu.

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THE LAST DANCE (from Black Lights On Moon Streets)

est sans conteste possible le plus "cold wave" des trois. Il me renvoie tout droit dans un métro eighty (clin d'oeil à Philéas) froid au creux d'un hiver rude. On y jouait une pièce de théatre forte, dure et triste, "ZOO STORY" d'Edward Albee, (Qui a peur de Virginia Woolf?). On y entendait également le génial saxophone de Steven Brown de TUXEDOMOON. "The last Dance" tente timidement de faire découvrir ce que j'y ai ressenti ! Mais pour se faire une idée bien plus efficace, il reste le livre d'Albee et bien entendu le CD de Steven Brown.

Commentaires

Bonjour Dimitri !
Le laboratoire est en ébullition et les découvertes sont aussi excellentes qu'éclectiques. Un peu l'impression que les écluses sont ouvertes et que l'inspiration est libérée ! Les trois compositions sont magnifiques ; l'hommage à Satie est un pont trés subtil entre les gnociennes, les gymnopédies et, last but not least, avec l'esprit d'un certain ... Köln Concert. Le sous titre est un résumé idéal ce ces années là ( avec en prime le titre du meilleur Tuxedomoon). Bravo Dimitri ! Que du bonheur ! Merci pour ces vignettes si belles. Toute mon amitié, celà va de soi, et à très bientôt.

Écrit par : Philippe | 22/12/2005

Aurions-nous vécu les mêmes choses Dimitri ?
J'entends, dans ces morceaux, des instants vécus, j'ai l'impression de faire un saut temporel du style "back in the good old days"...
Ce qui me plairait, c'est de faire un tour dans ces endroits, et de les photographier.

Écrit par : G MIKE | 22/12/2005

Cher Philippe,

Dès les premières notes de violon, rejointe là-bas, un peu plus loin, par la basse lourde et distante de Peter Principle. Dès qu'arrive le sax "de profundis" de Steven Brwon, je ressens une très curieuse impression de "téléportation". un "désir" (c'est le cas de le dire) de rejoindre l'insondable, l'inexplicable. Mais vous le savez bien, Philippe, il faut l'avoir vécu pour le comprendre. Il faut avoir voulu connaître ces "Humeurs-Nuits" si particulières. Ce qui me donne maintenant la furieuse envie de replonger dans les East-Jinx, de ressortir mes vynils, mes maxis, etc...
De l'époque, j'ai en tout cas gardé les stygmates du "man in black". Dans une moindre mesure, mais tout de même, le ballet de Béjart sur la musique de "Divine" du même groupe, fut aussi un événement Kitsch. Il faut l'imaginer. Pièce de théatre avant-gardiste, danses désarticulées, musique "dark wave", le tout sur fond de salle d'opéra très "Second Empire". Un peu à la manière de la très belle "Vienna" d'Ultravox.
Merci beaucoup à vous pour ce commentaire qui adoucit la nostalgie.

Cher Mike, eh oui, je pense que nous avons "un peu beaucoup" fréquenté les mêmes endroits. Et aujourd'hui, je regrette amèrement que ton EOS n'ai pas eu la possibilité de nous rejoindre à cette époque. Je pense que nous étions un peu des "Possédés de la Nuit". Sometimes, sometimes, somewhere ! "Flue", tu connais, dis ? Eno, Budd, Dead can Dance, This Mortal Coil. Bon, j'arrête avant de sombrer dans le "brasse-mourron".

Le jour où nous serons tous prêts pour un "Come... back to the future", je vous ferai signe !

A très bientôt !

Écrit par : Dim | 22/12/2005

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